Gaza : la photo d’un Palestinien comparée à une œuvre de Delacroix

EN IMAGES – Le cliché d’un Palestinien brandissant un drapeau en même temps qu’il jette des pierres lors d’affrontements avec l’armée israélienne à Gaza est devenu viral. Beaucoup ont souligné la rime visuelle du cliché avec l’œuvre iconique La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix.

La scène captée est devenue habituelle: des heurts entre des Palestiniens et des soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza. Mais le cliché, saisissant, a attiré les regards. Il a été saisi par le photographe Mustafa Hassouna, de l’agence turque Anadolu, lors d’affrontements lundi à Beit Lahiya, et montre un Palestinien en train d’armer son lance-pierre, d’une main, tandis qu’il brandit un drapeau palestinien de l’autre.

La photo, diffusée par l’agence Getty Images, est devenue virale au cours de la semaine. Une enseignante dans une université à Londres Laleh Khalili, a partagé l’image mardi soir, le lendemain de sa prise. Jeudi, ce message avait été partagé plus de 30.000 fois et aimé plus de 80.000 fois, relève la BBC. Vendredi, il a atteint plus de 46.000 retweets et plus de 120.000 mentions «J’aime»:

 

Les centaines de milliers de partages s’expliquent sans doute en partie par le mouvement et la symbolique du cliché. Mais aussi parce que sa construction et le geste qu’elles montrent rappellent une œuvre d’art devenue iconique: le tableau La Liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix.

Nous avons choisi, comme de nombreux internautes et médias, de placer les deux photos côté-à-côte, pour souligner la symétrie visuelle des deux scènes. «Lorsqu’un Michel-Ange avec un appareil photo saisit David contre Goliath en pleine action», a commenté un responsable d’un groupe d’action américain en faveur des droits des Palestiniens.

Le Palestinien photographié «surpris» de ces partages

La chaîne Al-Jazeera a identifié le jeune homme photographié torse nu comme Aed Abu Amro, un Palestinien âgé de 20 ans. «J’ai été surpris que la photo devienne virale», a-t-il raconté à la chaîne arabe. Il explique participer à ces manifestations chaque semaine, «parfois davantage».

«Je ne savais même pas qu’il y avait un photographe près de moi», assure-t-il. Il précise qu’il s’est habitué à brandir ce drapeau à chaque manifestation, d’une main, lançant des pierres de l’autre. Il ajoute être souvent raillé par les autres manifestants pour cette raison. «Si je suis tué, je veux être enveloppé dans ce même drapeau», conclut-il, affirmant participer à ces rassemblements pour défendre sa «dignité» et celle «de la génération future».

D’autres photos diffusées par les agences AFP et AP montrent ce même manifestant, probablement presque au même moment, sous d’autres angles. On le distingue ainsi dans une position similaire, flou à l’arrière-plan, sur cette photo:

Palestinian protesters hurl stones at Israeli troops during a protest on the beach at the border with Israel near Beit Lahiya, northern Gaza Strip, Monday, Oct. 22, 2018. (AP Photo/Khalil Hamra)

On reconnaît également sa silhouette et le vêtement rose qu’il porte sur les hanches sur ces deux autres clichés de l’AFP qui donnent à voir les fumées des heurts.

A Palestinian protester holds a national flag as he throws a stone towards Israeli forces during a demonstration on the beach near the maritime border with Israel, in the northern Gaza Strip, on October 22, 2018. (Photo by MAHMUD HAMS / AFP)

A Palestinian protester waves a national flag as he throws a stone during a demonstration on the beach near the maritime border with Israel, in the northern Gaza Strip, on October 22, 2018. (Photo by MAHMUD HAMS / AFP)

Si la plupart des internautes ont souligné les qualités esthétiques de la photo de Mustafa Hassouna et que des commentaires positifs ont accompagné ces partages, des critiques se sont également exprimées vis-à-vis de l’acte violent immortalisé par le cliché. Certains commentateurs ont également pointé une «propagande» par l’image.

 

Depuis le 30 mars, les abords de la frontière avec Israël sont le théâtre d’une vaste mobilisation contre le blocus imposé depuis plus de dix ans à la bande de Gaza. Les Palestiniens réclament aussi le droit de revenir sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948. Plus de 200 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de ces manifestations, la plupart le long de la frontière, et d’autres dans des frappes de chars ou de l’aviation israéliennes. Un soldat israélien a également été tué.

 

Source : Lefigaro

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