Oméprazole et reflux : pourquoi un médecin alerte sur cette habitude très répandue (et que faire si vous êtes concernée)
Vous prenez de l’oméprazole depuis des mois, voire des années, presque par réflexe, à chaque renouvellement d’ordonnance ? Vous n’êtes vraiment pas la seule. Des millions de Français avalent chaque jour ces petites gélules contre les reflux gastriques. Mais voilà qu’un médecin britannique tire la sonnette d’alarme sur leur usage prolongé. Faut-il s’inquiéter ? Arrêter du jour au lendemain ? Surtout pas. On vous explique tout.

Ce que dit ce médecin — et ce que confirme la HAS
Dans une tribune publiée dans le *Daily Mail*, la généraliste Philippa Kaye alerte sur la prise prolongée des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) — une famille de médicaments qui regroupe l’oméprazole, le lansoprazole ou encore l’ésoméprazole. Selon elle, au-delà d’une certaine durée, les inconvénients pourraient dépasser les bénéfices : carences nutritionnelles, fragilité rénale…
Et elle n’est pas totalement isolée dans son constat. En France, la Haute Autorité de Santé recommande déjà depuis 2022 de ne pas prolonger ce type de traitement au-delà de quatre semaines pour un reflux gastrique simple, sauf raison médicale bien précise.
Le vrai problème, ce n’est pas le médicament
Avant de vider votre armoire à pharmacie, respirez. Le pharmacien Aurélien Tesson le dit clairement : * »Il ne faut surtout pas faire passer le message selon lequel l’oméprazole serait un mauvais médicament. »*
Les IPP sont efficaces. Le problème, c’est quand ils sont renouvelés pendant des mois — parfois des années — sans que personne ne se demande si c’est encore vraiment nécessaire. Un traitement utile au départ peut devenir un automatisme dont on ne questionne plus l’intérêt.
Quels risques en cas d’utilisation trop longue ?
Les IPP réduisent fortement la production d’acide dans l’estomac. C’est précisément ce qui les rend efficaces… mais cette action, sur le long terme, peut perturber certaines fonctions digestives.
Des études ont observé des associations avec des carences en vitamine B12 ou en magnésium, une fragilité osseuse accrue, voire des effets sur les reins. Attention toutefois : ces données restent majoritairement observationnelles. Elles ne prouvent pas que l’oméprazole *cause* directement ces complications. Inutile donc de s’alarmer si vous en prenez en ce moment.
Pourquoi arrêter brutalement est une mauvaise idée
Stopper son traitement seul et du jour au lendemain ? Vraiment pas conseillé. Après une utilisation prolongée, l’estomac peut réagir par un effet rebond : il produit temporairement plus d’acide que d’habitude, ce qui donne l’impression que les symptômes s’aggravent. Une diminution progressive, accompagnée par un médecin ou un pharmacien, est toujours préférable.
Et dans certains cas — reflux sévère, œsophagite, ou prise d’autres médicaments nécessitant une protection gastrique — l’IPP reste tout simplement indispensable. Arrêter dans ces situations serait une erreur.
La question à poser dès votre prochaine consultation
Pas besoin de paniquer, juste de poser une question toute simple à votre médecin ou pharmacien : * »Pourquoi est-ce que je prends encore cet IPP aujourd’hui ? »*
C’est ce qu’on appelle la déprescription : pas supprimer ce qui est utile, mais éviter de conserver indéfiniment ce qui ne l’est plus. Une démarche qui vaut d’ailleurs pour bien d’autres médicaments renouvelés sans réévaluation régulière.
Le vrai message n’est pas « arrêtez l’oméprazole » — c’est « interrogez-vous régulièrement sur pourquoi vous le prenez encore ».
La meilleure ordonnance reste toujours celle qu’on comprend vraiment.